Mon petit dictionnaire illustré de l’Islande : Lettre G, du garrot d’Islande à Gullfoss


Iceland-G-map

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GARROT D’ISLANDE

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Canard plongeur à la bouille sympathique, le garrot d’Islande est l’une des stars incontestées du monde ornitho islandais. De taille moyenne, il ressemble beaucoup à son cousin, le garrot à œil d’or (Bucephala clangula) mais s’en distingue par sa tête plus longue et plus arrondie et un front plus haut. Les mâles adultes possèdent une tête aux reflets généralement mauves agrémentée d’un large croissant blanc s’étendant au-dessus de l’œil. Chez le garrot à œil d’or, la tache blanche est plus arrondie et reste en dessous de l’œil, de même les reflets de la tête sont moins prononcés et tirant généralement plus sur le vert que le mauve (cela dépend toutefois de la lumière et de l’angle d’observation). Dernier détail caractéristique, la série de taches blanches à l’épaule qui ressort magnifiquement sur le manteau noir.

Garrot d'Islande+Barrow's goldeneye+Bucephala islandica

Garrot d’Islande (Barrow’s goldeneye, Bucephala islandica), mâle adulte, Yellowstone National Park, Wyoming

La femelle quant à elle ressemble fortement à sa cousine à œil d’or. On notera cependant la forme de la tête moins conique et, en période nuptiale, le jaune-orangé au bec plus étendu (les individus nord-américains ont le bec totalement orangé à l’exception de l’onglet qui reste noir).

Garrot d'Islande, femelle, oiseaux

Garrot d’Islande (Barrow’s goldeneye, Bucephala islandica), femelle adulte, Yellowstone National Park, Wyoming

En période nuptiale, le garrot d’Islande fréquente les lacs et rivières aux eaux calmes où il plonge pour attraper insectes aquatiques, mollusques et crustacés. Fait étonnant, ce canard niche généralement dans les arbres, dans des cavités ou d’anciennes loges de pics. En Islande, les arbres étant peu nombreux (cf. flore) et les pics encore moins (aucune espèce de pic n’est présente en Islande), il niche dans les anfractuosités des champs de lave et des rochers du lac Mývatn ou dans la végétation basse. Quand je dis il, je devrais pourtant dire elle, la femelle nichant et couvant seule sa dizaine d’œufs. Pendant ce temps, le mâle part entamer sa mue qui le clouera sur l’eau un bon mois.

Garrot d'Islande, oiseaux

Garrot d’Islande (Barrow’s goldeneye, Bucephala islandica), mâle adulte, lac Mývatn

Contrairement à ce que son nom laisse penser, le garrot d’Islande n’est probablement pas originaire d’Islande mais d’Amérique du Nord. La population insulaire qui s’est établie au pays des glaces fut cependant découverte avant la population nord-américaine. On doit cette découverte à l’explorateur Sir John Barrow au début du XIXe siècle (1834?). Ceci explique pourquoi ce charmant canard se nomme Barrow’s goldeneye dans la langue de Shakespeare.

Garrot d'Islande+Barrow's goldeneye+Bucephala islandica

Garrot d’Islande (Barrow’s goldeneye, Bucephala islandica), mâle adulte, Yellowstone National Park, Wyoming

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GERÐUBERG

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Dominant fièrement l’extrémité Ouest de la vallée de Hnappadalur, les orgues basaltiques de Gerðuberg surplombent tel un rempart naturel, un paysage inquiétant et fascinant.

orgues basaltiques, Gerduberg, Islande

The Wall, orgues basaltiques de Gerðuberg

Formé par la solidification puis la contraction thermique d’une coulée basaltique, ce mur de dolérite semblerait pourtant sculpté de la pogne de quelques trolls, visiteurs chimériques de ces landes inhospitalières…

Gerduberg, basalte, Islande, paysage

Ruines & falaises, Gerðuberg

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GEYSIR

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Étant à l’origine du terme geyser (gjósa signifiant jaillir), il est en quelque sorte le père de tous les geysers :). Jeune père cependant puisqu’il aurait à peine 10000 ans. Ces dernières décennies, l’activité du grand monsieur a cependant faibli et hormis une éruption exceptionnelle en juin 2000 suite à un séisme, il ne jaillit depuis lors que de façon très aléatoire et à seulement 10 à 25 m, une paille quand on songe aux 170 m de ses grands jours ! La dernière éruption rapportée aurait eu lieu le 20 février 2016…

Geysir, Islande

Geysir au repos

Fort heureusement pour le golden circle, cette zone ultra-touristique dont fait partie le site, son voisin le Strokkur assure toujours le spectacle. Moins grincheux que son maître, il éructe toutes les 5 à 10 minutes un panache de vapeur à une hauteur de 10 à 30 m selon son humeur. Seul le Old Faithful de Yellowstone aux USA rivalise encore avec le métronome Strokkur.

Strokkur, Geysir, Islande

Strokkur, champ géothermique de Geysir

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GLACIER

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carte, glacier, Islande

Avec 1/9e de sa surface couverte par les glaciers, l’Islande est assurément un pays de glace. Ainsi, ce ne sont pas moins de 11400 km2 qui sont disséminés sur l’ensemble de l’île, à l’exception de la partie septentrionale et du Sud-Ouest. La majorité des grands glaciers islandais se trouvent cependant dans les hautes terres du milieu et au sud du pays. Spécificité islandaise, nombre d’entre eux coiffent des volcans dont les explosions les métamorphosent radicalement. Les débâcles glaciaires qui s’en suivent peuvent alors être catastrophiques avec des crues monumentales qui dévastent tout sur leur passage, les fameux jökulhlaups.

Svinafellsjokull, glacier, Islande

Vue panoramique sur le Svínafellsjökull, Sud Islande (Cliquer sur la photo pour l’agrandir)

Formés par l’accumulation successive de grandes quantités de neige se transformant progressivement en glace par tassement, les glaciers forment alors d’immenses masses compactes qui peuvent glisser sous l’effet de leur propre poids. Lorsque la hausse des températures entraîne la fonte des glaces, l’épaisseur du glacier diminue et on observe un recul glaciaire laissant place à de vastes étendues austères, les délaissées glacières appelées aussi glariers.

front glaciaire, Skaftafellsjokull, glacier, Islande

Vue panoramique sur le front glaciaire du Skaftafellsjökull (Cliquer sur la photo pour l’agrandir)

Ici comme ailleurs malheureusement, les glaciers souffrent terriblement du réchauffement climatique. On estime à 0,2% la perte de superficie annuelle des glaciers islandais, soit 20 à 30 km2 par an en moyenne. Le petit glacier Okjökull, surplombant le volcan Ok, a d’ailleurs très récemment disparu… A ce rythme, les glaciers islandais auront totalement disparu dans moins de 500 ans et le pays des glace n’aura alors de glace que son nom…

Drangajokull, glacier, Islande

Vue sur le Drangajökull, Vestfirðir

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glace, glacier, Islande

Joyau en péril

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GLAUMBÆR

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Flanqué dans une vaste plaine verdoyante, Glaumbær tient sa renommée de la ferme éponyme. Bâti il y a plus de deux siècles, il s’agit d’un ensemble de fermes traditionnelles faites de bois et de tourbe et reliées entre elles par un long couloir central. A demi-enterré pour se protéger de la rudesse du climat et recouvert d’un épais gazon assurant son étanchéité, l’ensemble possède un charme indéniable. Aujourd’hui transformée en ferme-musée, il est possible d’en visiter l’intérieur pour se rendre compte de la rudesse des conditions de vie de l’époque. A noter que selon la légende, c’est aussi à Glaumbær qu’aurait vécu Snorri Thorfinnsson, le premier homme blanc né sur le continent américain autour de l’an 1000. Il serait venu vivre ici avec ses parents alors qu’il n’avait que trois ans.

ferme, Glaumbaer, Islande

La ferme de Glaumbær au soleil couchant

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GOÉLAND BOURGMESTRE

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Grand laridé inféodé aux régions arctiques, il est le seul goéland à primaires blanchâtres avec le goéland à ailes blanches (Larus glaucoides). De taille semblable au goéland argenté (Larus argentatus), il s’en distingue notamment par ses ailes uniformément gris clair à l’âge adulte (l’argenté a le bout des ailes noires). Ses pattes sont également plus grandes mais également de couleur chair. Son cercle orbitaire est jaune-orangé à l’âge adulte (contrairement à celui du goéland à ailes blanches qui est rougeâtre) et son bec est fort et jaune avec une tache rouge sur la mandibule inférieure. Sa tête et sa queue sont également entièrement blanches.

goeland bourgmestre, oiseaux, Islande

Goéland bourgmestre (Glaucous Gull, Larus hyperboreus), adulte nuptial, Súðavík, fjords de l’Ouest

En Islande, le goéland bourgmestre niche exclusivement dans les fjords de l’Ouest et la péninsule de Snæfellsnes qui constituent la limite méridionale de son aire de reproduction en Europe. Oiseau côtier, on l’y retrouve dans les fjords et les ports de pêche. Opportuniste, son régime alimentaire est très varié allant des poissons aux carcasses et excréments de mammifères marins en passant par les œufs et poussins d’autres espèces. Il parasite également les autres oiseaux marins qui partagent son environnement.

goeland bourgmestre, oiseaux, Islande

Goéland bourgmestre (Glaucous Gull, Larus hyperboreus), adulte nuptial, Súðavík, fjords de l’Ouest

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GRÁBRÓK

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Complexe de trois cratères explosifs situé à l’entrée de la péninsule de Snaefellsnes, Grábrók fait partie du système volcanique fissural de Ljósufjöll. Ce système volcanique de 90 km de long court des champs de lave de Berserkjahraun sur le Nord de la péninsule (entre Stykkishólmur et Grundarfjörður) au complexe de Grábrók. Le complexe aurait été créé il y a près de 3400 ans et sa dernière éruption remonterait au XIIe siècle. Les trois cratères qui le composent sont le Storu-Grábrók (le grand Grábrók), le Grábrókarfell et le Litlu-Grabrok (le petit Grábrók). Par abus de langage, Grábrók désigne souvent le plus grand d’entre eux, le Storu-Grábrók, haut de 170 m et dont on peut faire l’ascension pour profiter d’un panorama grandiose sur le site et les environs.

Grabrokarfell, Grabrok, volcan, Islande

Vue sur le Grábrókarfell depuis le Stóru-Grábrók, complexe volcanique de Grábrók

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GRAENVATN

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Joli lac de cratère situé dans la péninsule de Reykjanes, au beau milieu des immenses champs de lave recouverts de mousse et à deux pas du champ géothermique de Seltún. Son nom signifie littéralement le lac vert (graent-vatn), en référence bien évidemment à ses eaux colorées par des micro-algues vertes photosynthétiques. Sous un ciel si bas qu’on pourrait presque le toucher, les montagnes soufrées et les champs de lave en toile de fond, ce petit lac apparaît tel un joyau sublimant ce paysage un tantinet austère…

Graenvatn, Islande, lac, paysages

Le lac Graenvatn, péninsule de Reykjanes (Cliquer sur la photo pour l’agrandir)

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GRINDAVÍK

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Petit port de pêche situé sur la côte Sud de la péninsule de Reykjanes, Grindavík et ses environs seront sans doute votre première rencontre avec l’Islande si vous arrivez par avion.

Grindavik, avion, Islande, paysage

Vue sur Grindavík et la côte de la péninsule de Reykjanes

Enchassé dans un paysage hostile et austère, entouré par les champs de lave à perte de vue et tourné vers une mer souvent déchaînée, l’endroit dégage des effluves de douce brutalité qui siéent si bien à ce magnifique pays. Cerise sur le gâteau, Grindavík et ses environs accueillent de belles colonies de sternes arctiques qui animent les beaux jours venus vieux entrepôts et jardins fleuris.

Grindavik, volcan, lave, Islande, paysage

Champs de lave & vieux volcans, environs de Grindavík, péninsule de Reykjanes

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GRIVE MAUVIS

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Turdidé de taille semblable à la grive musicienne (Turdus philomelos), elle s’en différencie notamment par son très large sourcil blanc et ses magnifiques flancs couleur rouille (le dessous des ailes est également rouille alors qu’il est chamois chez la musicienne). Hivernante commune par chez nous, la grive mauvis est nicheuse en Islande. Certains individus hivernent en Europe de l’Ouest tandis que d’autres restent en Islande à l’année. A noter qu’il existe deux sous-espèces de grive mauvis, Turdus iliacus iliacus, la plus commune en France, niche de la Scandinavie à l’extrême-Orient russe. La sous-espèce présente en Islande ainsi qu’aux îles Féroé est Turdus iliacus coburni. Bien moins courante en métropole que sa comparse, elle s’en différencie généralement par un dos plus brun et une poitrine plus sombre avec des stries plus prononcées.

Grive mauvis, coburni, oiseaux, Islande

Grive mauvis islandaise (Redwing, Turdus iliacus coburni), environs de Laugaland, Vestfirðir

En Islande, la saison de reproduction de la grive mauvis commence généralement en mai. Comme pour les autres turdidés de taille moyenne à grande, le nid est constitué de débris végétaux amalgamés avec de la boue séchée. Il est positionné directement au sol ou à faible hauteur dans un buisson ou un arbre. La femelle y dépose 4 à 6 œufs qui seront généralement incubés par elle seule pendant deux semaines environ. Les poussins, nourris par le mâle et la femelle, quitteront le nid au bout d’une quinzaine de jours seulement mais resteront dépendants du mâle deux semaines de plus. Pendant ce laps de temps, la femelle entamera bien souvent une seconde couvée.

grive mauvis, juvenile, oiseaux, Islande

Juvénile de grive mauvis ((Redwing, Turdus iliacus coburni), lac Mývatn

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GRJÓTAGJÁ

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A deux pas du lac Mývatn, la Grjótagjá est une grotte naturelle creusée par la lave à travers la roche volcanique. Elle est située à l’intérieur même de la faille tectonique séparant les plaques eurasienne et nord-américaine. Caché sous un bourrelet de roche semblant avoir éclaté sous la pression, la grotte est remplie d’une eau vaporeuse bleu turquoise. Depuis les dernières éruptions du système volcanique de Krafla ayant eu lieu entre 1975 et 1984, l’eau de la grotte a vu sa température monter pour évoluer aujourd’hui entre 43°C et 48°C. Ça commence à faire un peu chaud pour la baignade :).

Grjotagja, grotte, faille, Islande

Dessus-dessous, grotte de Grjótagjá et faille la surmontant

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GRUNDARFJÖRÐUR

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Petit port de pêche de la péninsule de Snæfellsnes, il est surtout connu pour ses paysages de toute beauté. Blotti au pied des monts enneigés du Helgrindur, il fut le bastion de quelques pêcheurs et négociants français au tout début du XIXe siècle. Ils y construisirent un hôpital et une église autour desquels le petit village se développa. A la sortie Ouest du village, le magnifique pic de Kirkjufell semble flotter sur les eaux impassibles d’un petit bras du Breiðafjörður portant le même nom que la ville.

Grundarfjordur, paysage, Islande

Grundarfjörður depuis la Kirkjufellsfoss, au pied du mont Kirkjufell

Pour les stressés du moment, un petit bout de route en direction de Grundarfjödur devrait vous détendre ;).

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GUILLEMOTS

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L’Islande est, avec la Norvège, le seul pays d’Europe où les trois espèces de guillemots du paléarctique occidental peuvent être observées. Je parle bien sûr du guillemot du Troïl (Uria aalge), du guillemot à miroir (Cepphus grylle) et du plus rare guillemot de Brünnich (Uria lomvia), ce dernier étant inféodé au milieu arctique. Avec un littoral propice à la nidification et des eaux poissonneuses à souhait, ces trois espèces sont d’ailleurs nicheuses en Islande.

guillemot, oiseaux, Latrabjarg, Islande

Guillemot de Troïl, falaises de Látrabjarg

Le guillemot de Troïl est de loin le plus courant. Plus grand alcidé de nos contrées (très proche en taille du guillemot de Brünnich cependant), c’est un oiseau pélagique élégant. Reconnaissable à son plumage brunâtre sur le dessus (tête, dos, ailes et queue) et blanc sur le dessous, il ne peut guère être confondu qu’avec le guillemot de Brünnich, voire le pingouin torda à grande distance. Son bec est cependant bien plus fin que ce dernier. A noter qu’il existe également une forme dite bridée présentant un motif faisant penser à une paire de lunettes rondes et blanches autour des yeux.


Un bridé se cache dans la bande, saurez-vous le retrouver ? Un indice, c’est un chenapan 😉

Comme ses congénères, le guillemot de Troïl se nourrit quasi-exclusivement de poissons qu’il pêche en plongeant, parfois profondément sous la surface. Contrairement au pingouin torda ou au macareux moine, son bec fin ne lui permet pas de rapporter plus d’un poisson à la fois. Oiseau pélagique, il revient à terre uniquement pour nicher. Il affectionne alors les corniches des falaises sur lesquelles il peut former d’immenses colonies.

Guillemot de Troil, oiseaux, Islande

Retour de pêche, guillemot de Troïl (Common Murre, Uria aalge), Látrabjarg

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colonie, guillemots de Troil, Islande, oiseaux

Colonie de guillemots de Troïl, falaises de Látrabjarg

Semblable en de nombreux points au guillemot de Troïl, le guillemot de Brünnich s’en distingue par un plumage plus noir, un bec plus court et plus épais et surtout un net trait blanc qui court sur le bord supérieur de la commissure du bec. Il niche également sur les falaises mais affectionne plus souvent les corniches très étroites. Les guillemots de Brünnich comme les guillemots de Troïl pondent un unique œuf, conique afin de ne pas rouler et chuter des étroites corniches servant à la nidification. La couvaison dure environ un mois pour les deux espèces. Passé ce délai, tandis que les poussins de guillemots de Troïl resteront se faire dorloter par les parents 7 à 10 semaines durant, les petits de Brünnich seront quant à eux élevés à la dure, c’est peu de le dire ! Au bout de trois semaines environ, le jeune quittera sa corniche même s’il n’est pas encore apte à voler ! Battant des ailes pour amortir la chute, il se retrouvera plongé dans le grand bain et entamera alors une longue migration à la nage, accompagné par son père ! Étant seulement capable de voler vers six semaines, le périple du petit nageur pourra ainsi durer près de 1000 km ! Un véritable exploit que le guillemot de Brünnich est le seul oiseau à relever à un si jeune âge !

guillemot de Brunnich, oiseaux, Islande

Guillemots de Brünnich (Thick-billed Murre, Uria lomvia) et mouette tridactyle au nid (Black-legged Kittiwake, Rissa tridactyla), falaises de Látrabjarg

Nettement plus petit que ses deux cousins, le guillemot à miroir à des mœurs également sensiblement différentes. Contrairement aux autres alcidés qui affectionnent les grands colonies, il se reproduit plutôt en couples isolés ou en petites colonies de quelques dizaines d’individus. De même, il préfère les éboulis rocheux à la base des falaises que les hautes corniches. Entièrement noir à l’exception d’un large miroir blanc sur les ailes, l’adulte nuptial ne peut guère être confondu en Europe (il ressemble cependant beaucoup au guillemot colombin qui vit dans le Pacifique Nord). En internuptial, le plumage se fait bien plus clair, rayé de blanc et de noir sur le dessus et intégralement blanc sur le dessous. Les juvéniles ont un plumage assez proche de l’adulte internuptial mais s’en distinguent par leurs plages alaires blanches marquées de sombre. Les guillemots à miroir sont également d’excellents plongeurs qui se nourrissent de poissons mais aussi de crustacés pour les plus nordiques.

Guillemot a miroir juvenile, oiseaux, Norvège

Guillemot à miroir juvénile (Black Guillemot, Cepphus grylle), Mer de Barents, Norvège

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GULLFOSS

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Double cascade de 70 mètres de large pour 32 mètres de hauteur, Gullfoss est située non loin de Geysir et fait aussi partie du golden circle. Son nom signifie cascade d’or en référence à l’arc-en-ciel qui la surplombe par beau temps. Se terminant par un étroit canyon de 2,5 km de long, elle présente un débit impressionnant, créant un vacarme assourdissant dans l’étroit goulet taillé à même la roche volcanique.

Gullfoss, cascade, canyon, Islande

Vue sur la seconde cascade de Gullfoss et son étroit canyon

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Merci à tous pour votre patience et à bientôt pour la lettre H ;).

33 réflexions sur “Mon petit dictionnaire illustré de l’Islande : Lettre G, du garrot d’Islande à Gullfoss

  1. Je découvre certains sites et revois des lieux où je suis allé ! Photos magnifiques… comme d’hab’… ça devient une habitude, je crois que je ne vais plus te le dire..

    Je ne connaissais pas Gerðuberg , on a du mal à apprécier la hauteur… sur la première photo, on a l’impression que c’est haut, mais sur la deuxième que c’est minuscule… alors qu’en est-il vraiment Professeur Palud ?
    J’ai la même photo de Grábrók… Gullfoss et Geysir, deux des immanquables !

    Par contre pas de photos de Gerfaut ? (c’était la dernière fois… ou peut-être qu’à Rapace, je la ressortirai 🙂 ) et pas de Guillemot de Troïl bridé ?

    Bonne journée 😉

    • Salut Jérôme, merci beaucoup 🙂
      Pour Gerðuberg, effectivement, je comprends tout à fait tes interrogations, tout est histoire de perspective ! Ni l’un ni l’autre en fait, tu es bien aidé avec ça hein ? 🙂 Bon, je dirais une quinzaine de mètres de haut max, en moyenne plutôt une petite dizaine, et cela sur plusieurs centaines de long (500-600 ?). Ce n’est pas immense mais tout de même très impressionnant, je te conseille l’étape la prochaine fois que tu passeras par-là 😉 Pour le gerfaut je crois que je vais en entendre parler encore un moment de celui-là :), pour le bridé par contre, tu n’as pas lu la légende de la vidéo 😉 bon OK, on ne le voit pas très bien mais il est bien là !
      Bonne soirée et merci encore 🙂
      Seb

    • De l’or en grande quantité aurait récemment été découvert sur l’île, il semblerait donc que les pépites y soient légion, au sens propre comme au sens figuré 🙂 Je suis ravi de vous en faire découvrir quelques-unes.
      Merci, merci 😉
      Amitiés
      Seb

  2. Eh ben, il fallait bien un article conséquent pour rattraper ce retard. L’attente fut longue, mais ça valait le coup 😀

    Comme mon voisin du dessus, ça me rappelle un paquet de souvenirs. Les falaises de Látrabjarg, quelle claque j’avais pris là-bas (avec quelques coches en prime)! Je me souviens d’avoir observé des guillemots à miroir sur l’île de Flatey, entre Snæfellsnes et les fjords… sans compter un paquet de sternes et de macareux 😉
    Quant aux garrots, les petits étaient déjà sortis, je me souviens les voir plonger dans les eaux limpides de Myvatn, si limpides qu’on pouvait les voirs nager sous l’eau !

    Très belles photos, comme d’hab (moi je n’arrêterai pas de te le dire). Mention spéciale au coucher de soleil sur Glaumbær, sublime, et aux Grive mauvis. J’en ai vu quelques unes ce week-end, mais j’ai pas d’aussi belle photo 🙂

    La suite, la suiiiteuuuh !

    • Salut Samuel,
      A ma décharge, je crois que l’attente fut doublement longue pour toi car il me semble que tu as raté le F 🙂 Ah oui, Látrabjarg, exceptionnel… Je vous ai réservé quelques extras pour la lettre L bien entendu ! J’ai failli rien y voir mais j’ai eu un bol exceptionnel, le brouillard à couper au couteau s’est levé juste quand j’arrivais. Du coup, ambiance et lumière tout simplement magique. J’en ai profité jusqu’à 02h00 du matin ce soir-là, moment où le soleil faisait mine d’aller se coucher, mais mine seulement 🙂 Et le lendemain, un ciel bleu, bleu, bleu à y tomber… Que de souvenirs incroyables ! A Myvatn en revanche, le soleil était presque aussi plombé que lors de ma première visite, c’est dire 😦 Mais c’était quand même très très chouette, je veux dire très très garrot 🙂 Merci pour tes compliments, pour les grives, faut que je vienne voir cela sur ton blog alors, je suis sûr que je ne serai pas déçu 😉 Vais essayer d’activer pour le H mais c’est encore une grosse lettre !!!
      Bonne soirée Samuel.
      A bientôt 😉
      Seb

      • A Látrabjarg on a eu deux jours de soleil, mais un vent à décorner des boeufs, on flippait pas mal en haut des falaises ^^
        Myvatn pareil que toi, purée de pois et pluie pour finir (avec la courroie de direction qui claque, yipeee :D).

        Sur ce, je vais voir la lettre « F » *sifflotte*…

      • Effectivement, vu l’exposition de Látrabjarg, j’imagine que ça doit être terrible là-haut par moment ! Pour les photos au télé ça complique également 🙂
        Lors de la première visite à Mývatn, un tout petit 5°C avec une humidité et un vent horribles. C’était début août…mais ce qui m’a le plus marqué, c’est de voir des gamins de 8-10 ans faire du trampoline en short et T-shirt alors qu’on caillait comme pas possible avec nos tenues d’hiver 🙂 Un grand moment… question d’habitude certainement !
        Seb

  3. Salut Seb,
    On dirait qu’il est plus facile d’atteindre l’Islande que le net en ce moment, pour ma part 😉
    Un superbe article comme d’hab, mais je ne me lasse pas de cette habitude là. Je pense que tu n’as pas du avoir un seul instant où il n’y avait rien d’intéressant à voir là bas, aussi bien sur le plan ornitho que sur le paysage.
    Je crois bien que brume, ciel bas, ciel gris, lande inhospitalière, glaciers et tout ce beau monde qui vit là bas, me confortent encore plus dans l’idée qu’il faut que j’aille faire un tour en ces lieux 🙂
    J’ai eu du mal à voir le ptit bridé, mais en cherchant une seconde fois celui qui avait du caractère, je l’ai vu 🙂
    Belle journée à toi Seb, et encore merci pour la superbe balade.
    Bises
    Val

    • Salut Val,
      Tu n’es pas la seule t’inquiète, mon silence ici comme ailleurs me trahit 😉
      Depuis le temps que je te le serine, c’est certain, le pays des glaces (et de tout le reste !) t’attend avec impatience 🙂 S’il y a bien un truc dont je suis certain c’est que tu ne pourrais pas ne pas en revenir émerveillée 🙂
      Oui, pour la petit bridé, heureusement qu’il fait sa teigne sinon je l’aurais peut-être loupé 🙂 Et je suis navré mais la qualité des vidéos sur WordPress est vraiment bof, bof, j’ai beau essayer un peu tout, ça reste compressé à mort et on perd vraiment énormément en qualité dès que ça bouge, dommage, c’est un peu frustrant et sans doute peu agréable à regarder 😦 Sur la photo de Jérôme dans les commentaires, on les voit tout de même bien mieux !
      Merci encore pour ta visite Val et ravi tu aies apprécié la balade 😉
      Bises
      Seb

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