L’allégorie du tsunami


11 mars 2011 : Un tremblement de terre de magnitude 9,0 suivi d’un gigantesque tsunami frappait la région de Tōhoku au Nord-Est de Honshū, principale île du Japon.

Tout le monde a encore en tête les images de cet effroyable cataclysme et peut-être plus encore de la catastrophe nucléaire de Fukushima qui en découla. Deux ans après, l’île du Levant se remet doucement de ce terrible épisode. Pourtant, la situation est encore loin d’être rose.

Si le tsunami en lui-même est responsable de la très grande majorité des près de 20000 victimes et l’essentiel des dégâts matériels, la catastrophe nucléaire concomitante est à l’origine d’un véritable désastre écologique et humain.

Autour de la centrale en défaut, des dizaines de milliers d’hectares sont contaminés pour des décennies. Un no man’s land est né, pour les hommes du moins. La faune, non avertie du danger atomique, continue de fréquenter cette décharge à radionucléides. Les animaux domestiques ont été abandonnés à la suite du désastre et errent dans les rues de ces villes fantômes du XXIème siècle. Pour certaines espèces, le constat est d’ailleurs des plus inquiétants. Des mutations génétiques ont été récemment découvertes sur des papillons issus du périmètre contaminé et le mal semble non-dégénérescent, en clair, il affecte également les générations suivantes même si un des parents est sain… Les opérations de mesures de la radioactivité sur les ours, sangliers, cerfs et canards de la zone ont révélé des taux de contamination extrêmement élevés qui risquent d’apporter leur lot de mutation génétique, de problème de thyroïde et de dérèglements de l’appareil génital. L’écosystème marin a également été lourdement impacté sur une très large zone. Le césium et le plutonium relâchés vont se fixer pendant des dizaines d’années dans les sédiments et risquent de refaire surface régulièrement, empoisonnant alors poissons et algues.

Sonnant comme un terrible rappel à l’ordre, ce scénario catastrophe pourrait malheureusement se reproduire dans bien des endroits de par le monde. Pourtant, rien ne semble avoir changé, si les pions ont quelque peu bougé sur le moment, la prise de conscience n’aura été que de courte durée…

En hommage à ce Japon au naturel que j’ai eu le bonheur de découvrir avant ce drame et que j’espère un jour parcourir à nouveau en toute quiétude. Courage au peuple japonais et à ses écosystèmes en souffrance, le temps viendra où l’allégorie du tsunami fera mouche.

6 réflexions sur “L’allégorie du tsunami

  1. Le plus fou, c’est que l’humain qui est loin de tout ça, ne s’en souci pas vraiment et n’imagine pas qu’un jour il sera concerné de façon proche.Quand on parle en « distance » en « années », ça atténue l’impact sur la conscience humaine. C’est triste.

    • Malheureusement, entièrement d’accord avec toi, c’est très triste… mais bon, je garde encore un mince espoir que les mentalités changent avant qu’il ne soit trop tard…enfin, si ce n’est pas déjà le cas…
      Merci pour ton passage Val.
      A bientôt
      Seb

  2. Pingback: Lumières sur les Monts d’Arrée: Au pays de l’Ankou, le psychopompe de Basse-Bretagne | -- De Faune en Flore -- Le Blog

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